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Publié par pol

Notre général en chef jouant le petit père du peuple nous a prévenus il y a déjà plusieurs semaines. Nous sommes en guerre et elle va être longue et douloureuse.  Il devrait s'adresser encore à nous dans la soirée pour montrer son engagement dans la lutte  et annoncer entre autres officiellement la suite du confinement.

Un ton de mobilisation générale à la manière d’un Churchill au début de la Seconde Guerre mondiale annonçant aux Britanniques : « je n’ai que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur à vous offrir ». Lui-même avait déjà paraphrasé Garibaldi le révolutionnaire italien s’adressant à ses troupes un siècle plus tôt «j'offre faim, soif, marche forcée, bataille et mort ». 

Comme le soulignait naguère Georges Orwell: Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l'accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l'apparence de la solidarité à un simple courant d'air.

Oui chef, mais où est passé le matériel et l’armement de nos armées de soignants et des personnes exposées en première ligne pour résister à l'ennemi ? et qui sont les responsables de l'état de mort latente dans lequel se trouvait l'hôpital public malgré les sonnettes d'alarme tirées,  des mois de conflits et d’avertissements de l'ensemble des services hospitaliers? Nous sommes majoritairement de bons petits soldats dévoués à notre pays et notre prochain. Ce qui ne nous empêche pas de réfléchir un peu même si nous n’avons pas tous eu la chance d’être nés du bon côté du périphérique ou d’avoir fait de bons mariages d’intérêt à défaut d’amour voire d’être cooptés tout au long de notre carrière par nos pairs-amis de circonstances et/ ou les pairs de nos pères.

Si le moment est peu propice aux débats stériles, mais plutôt à l’action urgente sur le terrain, les retards à l’allumage, l’impréparation et les coupes drastiques dans les budgets des services de santé et autres services publics stigmatisés et pointés du doigt par tous les néo-libéralismes dont macron est le chantre sont pour beaucoup dans cette faillite annoncée face à la crise désastreuse qui avance à grands pas. Cf la réponse de Macron lorsqu'il avait été interpellé en 2018 par une aide-soignante sur le manque de moyens et la fermeture de lits:" il y a besoin de réorganisation et changer de logique, il n'y a pas d'argent magique" avait-il conclu pour expliquer  la priorité de rester dans les clous de la dette publique imposée par Bruxelles. Subitement, face à cette crise sans précédent, il promet un retour de l'état-providence, un plan massif pour la santé publique et des revalorisations de carrière. Nous verrons si les promesses n'engagent une fois de plus que ceux qui y croient. La réalité politique et économique reprend toujours ses droits. Avec l'échéance de 2022 en point de mire, Emmanuel Macron espère surement apparaitre comme l'homme providentiel de ce renouveau social qu'il a appelé de ses vœux pour le jours d'après.

La France comme malheureusement de nombreux pays a déjà connu son lot de guerres militaires dans un passé souvent peu glorieux au final. Un épisode méconnu de la « Grande Guerre » ainsi qu’elle est communément définie, comme si l’on pouvait adjoindre un tel qualificatif au mot guerre, rappelle les errements de la crise de ce début 2020.


Le 1er juin 1915, l’armée française se décide enfin à changer l’habillement de ses soldats. On passe du rouge vif au bleu- horizon. Et c’est bien dommage, c’était beau sur le papier et cette belle tenue donnait depuis le début de la première guerre mondiale l’occasion à des millions de fantassins et de poilus de se faire tirer par l’ennemi comme des lapins, flamboyants qu’ils étaient avec leur magnifique pantalon Garance genre défilé de haute couture, leurs deux rangées de boutons bien brillants sur la vareuse, sans oublier le couvre-chef rouge flashy qui donnait un point de vue idéal à tous les tireurs d’élite du camp adverse .

Au début de ce conflit, le bel uniforme français qui permet à nos soldats d’être une belle cible pour la mitraille d’en face a plus de cent d’âge. Quasiment partout ailleurs dans le monde, depuis le début du 20éme siècle, les armées ont réformé leur uniforme pour le rendre plus discret. Partout, sauf en France évidemment, inévitable village gaulois s’arqueboutant sur ses traditions et ses entêtements. Non seulement, il est voyant notre bon p’tit gars chair à canon mais il est totalement empêtré dans ses fringues inappropriées aux joies de la boucherie militaire moderne.

Pourtant, des études sont faites et des nouvelles tenues ont été essayées, mais elles restent bien au chaud attendant les décisions des plus hautes autorités qui ne viendront qu’après la bataille de la Marne.

Peu à peu, le déploiement de nouveaux habits moins voyants va se généraliser dans l’armée française. Nos braves poilus vont maintenant continuer à se faire autant trouer la peau, mais dans un uniforme qui au moins aura de la tenue. Bleu–Horizon, ça donne un autre cachet pour tomber au champ d’horreur.

L’histoire est un éternel recommencement et nos gouvernants envoient toujours leurs soldats se faire trouer la peau au front sans états d’âme.

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