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Publié par pol

Après cet arrêt brutal dans nos petites vies bien rangées d’Occidentaux (trop) bien nourris et toujours pressés de se plaindre, de nombreuses voix s’élèvent pour affirmer et promettre que plus rien ne devra être comme avant. Lorsque l’on a bien écouté notre président et son gouvernement, le jour d’après serait merveilleutissime si tous les petits pions anonymes de l'échiquier voulaient bien mettre la main à la pâte de la relance. Belle rhétorique politique de conseillers en communication sûrement déconnectés du monde réel, enfin du mien, de mes proches et de ses alentours. Notre monde d'avant était fou, celui d'après me semble plutôt flou. Les exploités d'hier seront toujours les laissés pour compte de demain, les magouilleurs et profiteurs poursuivront leurs petites affaires et spéculations, la marche du monde d'avant aura peut-être trébuché mais ne sera pas bousculée.

En France et ailleurs, le déconfinement se profile et chacun veut s’en donner à cœur joie pour se défaire des entraves de ces 8 dernières semaines et cela reste largement compréhensible et salutaire. Sitôt le début de la récréation sonné, la prise de conscience des excès de notre ancien mode de vie, celui d’avant la crise du Covid 19 persistera peut-être pour certains, permettant de faire le tri entre l'indispensable, l’utile, l’accessoire et le superflu nécessaire à un certain équilibre. Mais au vu du nombre de personnes qui bafouent les règles du confinement depuis le début, de la ruée dans les supermarchés et les pharmacies, de l’explosion des ventes en ligne et des conneries monstrueuses véhiculées chaque jour minute par les médias et les réseaux sociaux, je reste dubitatif. N’y a-t-il pas une majorité attendant le moment propice du jour d’après pour se libérer de cette frustration du confinement, pour faire comme si rien n’avait changé et reprendre «  sa vie rêvée », celle d’avant le début de l’épidémie lorsque l'on nous surinait que les malades chinois si loin de nos préoccupations étaient seulement atteints d'une "grippette ? Au-delà du traumatisme collectif et des élans de solidarité qui fleurissent un peu partout, l’individualisme forcené reprendra sa place, les lois du marché également, n’en doutons pas. Chacun continuera à se laisser porter par le vent, à vivre en fonction de son nombril et à voir le monde par le petit bout de sa lorgnette.  Parmi les je-sais-tout et je-vous-l’avais-bien-dit, les revanchards du jour d’avant et les opportunistes du jour d’après, il ne va pas être facile de trouver sa voie, de se faire entendre ou bien de simplement garder sa ligne de conduite. Sans parler des éternels adeptes de la théorie du grand complot et, dans leur sillage pestilentiel, de tous les tarés qui fleurissent sur le pourtour du purin. Toujours les mêmes couplets viciés qui naviguent en circuits fermés avec constamment les sons de cloches identiques qui résonnent, ceux d'un insupportable troupeau apathique et bas du front enrôlé par des démagos de tous poils nous asphyxiant des émanations les plus nauséabondes de l'humanité. 

Entre la peste et le choléra avant une éventuelle seconde vague peut-être plus dévastatrice, ami libre de tes pensées et de tes choix ne te laisse pas gangrener par la pollution du mauvais air ambiant. Garde ton cap en toute liberté, celui de la (ta) raison et de tes valeurs intrinsèques. Celui qui te permettra de te regarder en face chaque matin, de parler de cette époque dans quelques temps à des êtres chers sans rougir de tes actes, de ne trahir ni tes rêves d’enfant ni tes principes de base.

Panem et circenses: Donnez leur du pain et des jeux lançaient les empereurs romains pour flatter l'opinion.  Ceux qui s'improvisaient par procuration à chaque rencontre les meilleurs tacticiens, entraineurs ou capitaines de l'équipe ou du joueur qu'ils supportent souffrent dorénavant de la pénurie d'événements sportifs. Toujours prompts à râler et expéditifs dans leurs jugements hasardeux sans jamais avoir eu à prendre une seule décision importante, ces bons franchouillards au cerveau étriqué qui habituellement passent une majorité de temps le cul collé dans le canapé à idéaliser leur pauvre petite vie virtuelle sur  smartphone et divers écrans se sentent donc depuis le début du confinement encore plus frustrés que lors d'une élimination précoce de leur héros ou de leur formation fétiche. Ils ont soudain eu des fourmis dans les jambes, ressentant l’impérieuse envie de sortir en permanence y compris pour faire semblant de se mettre au jogging par exemple, pour continuer à polluer l'atmosphère de leurs putrides effluves de crétins ataviques, alors lorsque les digues du confinement vont enfin céder, nous allons assister à une déferlante. Et quelle va être la réaction des acheteurs compulsifs dépités depuis de longues semaines, ceux et celles qui n'existent que par les marques siglées qu'ils arborent et entassent, dont le mot d'ordre et l'horizon se résument à je consomme donc je suis?

La ligne actuelle des affaires publiques est sans nul doute imparfaite, erratique et parfois hasardeuse, mais face à l'iceberg de cette pandémie, si tous les beaufs à la Cabu et les fauxconyakas du monde s’étaient donné la main, nous serions déjà tous ad patres ou en pleine guerre civile car gouvernés par les pires élus de la fine fleurs ultra-conservatrice et réactionnaire, celle prête à tout pour garder ses privilèges. Ces élites démagos, saprophytes, accapareurs et exploiteurs de tous bords qui veulent nous faire croire qu'ils n'en font pas partie style Trump, Bolsonaro et Cie. Ou pire encore engagés malgré nous avec la fille, héritière autocrate du funeste cyclope facho au mauvais œil nous proposant comme seule perspective d'avenir une logique destructrice dans un pays arbitraire, isolé, replié sur lui-même, façon Titanic mais avec l'orchestre national jouant jusqu'à la dernière minute quelque hymne fasciste à la gloire de ses dirigeants.

Et vous voudriez que je ressorte masqué mais serein à partir du 11 mai si l'on m'en donne la possibilité? Non merci, je ne donne de leçons ni de conseils à personne mais je me tiens loin de la cohorte et je garde ma ligne de fond avec le droit de prendre librement comme toujours mes chemins de traverse. Ni dieu, ni maître...

 

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