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Publié par pol

En mai, fais ce qu'il te plait. Avec la succession de ponts qui se profilent à l’horizon, j’en profite pour verser dans la paresse.

Samedi, Mélenchon et sa troupe de théâtre faisaient la fête à Macron sous le soleil printannier. Dans un autre registre tout aussi coloré (de rose), ce sera aujourd'hui la fête à Barbara Cartland disparue voici 18 ans.

Comme disait Amstrong (le cosmonaute, pas le coureur), c’était un petit trépas pour l’homme, mais un grand soulagement pour l’humanité. 

Tout n'est pas rose pour autant dans le monde de l’édition puisque BHL continue de sévir, se poussant du col dans les médias avec des livres qu'il feint d'avoir écrits et parfois même d'avoir lu. De ces ouvrages que chacun a hâte de ne pas lire.

Le 21 mai 2000, Barbara Cartland s'en est donc allée vers son paradis rose après avoir pollué un nombre incalculable de rayonnages dans toutes les librairies du monde pendant plus de 60 ans.

 

Barbara Cartland grandit à Londres, avec sa mère, qui tient un magasin de vêtements, et ses deux frères. À 18 ans elle devient journaliste au Daily Express, en tant que spécialiste des potins, étonnant mais c'était déjà une vocation.

Elle écrit en 1923 un premier roman, Puzzle qui est alors traduit en six langues. Cette chronique amoureuse n’est malheureusement que le début d’une longue série de romans à l’eau de rose avec les mêmes histoires pour adolescentes attardées, névrosées et frustrées de 2 ans et demi d’âge mental, qui feront son succès. Des synopsis identiques où s'entremêlent de pseudo-chastes jeunes filles, rencontrant l’amour et la fortune auprès de riches hommes virils qui finissent toujours par les épouser et tra la la la lére...

C'est assez cocasse dans ces histoires « d'amouuur ». Le prince charmant n'est jamais un bouseux de première, un ouvrier ou un employé de bureau lambda.

Amour rime avec toujours (toujours plus de fric, unique déclencheur de sentiments chez Cartland et ses semblables !)

Cette trame ne va pas varier d’un iota pendant des décennies.

Pendant ce temps, la vie personnelle de Barbara Cartland est moins simple : son premier mari demande le divorce après avoir lu le début du premier chapitre de l'un de ses romans.

Il n’empêche, la famille et les convenances pour l’affichage public, c'est sacré chez la Barbara. Aussi épouse-t-elle en 1936 le cousin de son premier mari, McCorquodal, ce qui fera d’elle la grand-mère par alliance de Lady Di. Ce dernier point est ma contribution pour les lectrices assidues de Voicivoilà, Pourri-Match etc., base du lectorat de Cartland et assimilés).

Barbara Cartland sera conseillère municipale pendant neuf ans dans les années1950, dans le parti conservateur évidemment. Elle mènera aussi de virulentes croisades contre l’homosexualité et la pornographie. Les saintes croisades hypocrites des partis réactionnaires ont les pasionarias qu’elles méritent. Nous avons Boutin, Morano et consorts en France.

Ensuite, Barbara Cartland vit près de Londres tout en continuant de manière inlassable d’inonder le monde de ses niaiseries. Dès 1983, elle entre dans le Guinness Book des records pour le nombre de livres vendus, juste derrière la Bible. Barbara Cartland est connue pour ses excentricités, son maquillage outrancier et son goût immodéré du rose. Malheureusement, elle laisse derrière elle, au moment de sa mort, 723 ouvrages et plus d’un milliard de livres vendus à travers le monde. Autant de cerveaux irrémédiablement atteints par ces quelques titres piochés au hasard : tant de larmes, tant d’amour ; pourquoi m’as-tu trahi ? etc.

Le Tchernobyl de la pensée littéraire a pollué la planète pour des décennies laissant malheureusement derrière elle une vaste descendance se prétendant aussi écri-vain(e)s.

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Mimi 07/05/2018 12:48

Quelle virulence ! Je dirai plus sobrement que je n’aime pas du tout ce genre de prose mais malgré tout si celle-ci peut en faire rêver quelques unes et les sortir de leur quodidien parfois sordide, alors la dame rose a droit au respect.