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Publié par pol

Le 10 mai 1981, Out le petit Giscard qui avait fait en 1974 un atout électoral de sa jeunesse. Il avait tenté de nous faire le coup du plus jeune président de la république française. Absolutiste volontaire, volontiers dans le style pompier et propre sur lui mais ouvert et près du peuple comme il sied à un monarque éclairé. Avec sa troupe de professionnels de l'enfumage, il nous avait bien mené en bateau durant 7 longues années. Heureusement, la bataille de Simone Veil pour sa sa loi sur l'IVG sauve son mandat de l'amnésie générale. Un début de septennat, dans les opérations d’image de ses conseillers en communication, qui n’est pas sans rappeler celle de son petit fils adoptif hissé au pouvoir l’année passée grâce à une belle campagne de pub des médias.

Au deuxième tour de l’élection présidentielle de 1981, Mitterrand condamne le destin du Giscard à l'oubli politique définitif, même s'il  coûte un bras  en entretiens divers depuis 37 ans sur le budget de l'état et donc sur nos impôts. Giscard arrivé au pouvoir sur un malentendu, ne se remettra jamais de cette défaite, bien aidé en cela par son meilleur ennemi, le Jacquot Chirac alors dans la force de l'âge.

François  Mitterrand avec 15 708 262 voix contre 14 642 306 pour Valery Giscard d'Estaing remporte le deuxième tour de l'élection présidentielle de 1981. Énorme ferveur populaire le soir même dans toutes les villes de France. Cette alternance politique tant attendue est synonyme d'espérance et de changements pour "le peuple de gauche" qui y croit encore. Pour la première fois depuis le début de la Ve république (1958), un président se réclamant de gauche est élu. L’arrivée au pouvoir de Mitterrand et son alliance avec le parti communiste suscitent également les inquiétudes les plus folles chez quelques-uns qui craignent pour leur magot souvent acquis de haute lutte durant la période bénie (pour eux) de la collaboration avec l'occupant allemand quelques décennies plus tôt. La droite et l'extrême droite populistes qui souvent se rejoignent sur ces terrains glauques, orchestrent alors une campagne relayée par certain pays, les États-Unis notamment, pour terroriser "la France profonde" avec la peur des 'rouges". Cette exploitation outrancière de frayeurs infondées trouvera un large écho dans un pays traditionnellement ancré à droite.

Les jeunes d'ailleurs ont majoritairement voté pour Mitterrand alors que les plus de 60 ans ont choisi le président sortant. Comme en 2007, les plus de 60 ans permettront l'élection de Sarkozy avec les conséquences que l'on connait encore pour notre pays.

Pour l'heure en 1981, la jeunesse socle progressiste de la société française, se projette dans l’avenir en espérant la réussite du projet présidentiel de Mitterrand. Mais sur le fond, le rêve du 10 mai sera de courte durée et les promesses du nouveau locataire de l’Élysée feront long feu comme toujours. Même si de belles avancées verront le jour tant au niveau social que sur les libertés individuelles ou la liberté d'expression durant les 15 ans de règne de Mitterrand.

 "Changer la vie" était l'un des slogans de la campagne de Mitterrand. L'élection du 10 mai 1981 reste plus la résultante d’un vote de rejet que d'adhésion ou de basculement à gauche. Les jeunes ont majoritairement voté pour le changement dans cette France arc-boutée sur ses traditions réactionnaires.

Mitterrand en fin tacticien le sait bien, lui qui a parcouru toute la palette de l'échiquier politique, n'hésitant jamais à faire le grand écart entre les antipodes des deux extrêmes durant toute sa carrière politique. Il a donc axé toute la communication vers cette partie de l’opinion.

Symboliquement, le 21 mai pour sa prise de fonctions, F Mitterrand ira au Panthéon s'incliner sur les tombes de Jean Jaurés , Jean Moulin et Victor Schœlcher.

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Mimi 10/05/2018 23:07

Pourtant on y avait cru... L’utopie est la force de la jeunesse !